Congé d'école les filles!

Publié le par Gabrielle Boivin

Quand j’étais petite, c’était mon père qui gérait notre routine matinale à ma soeur et moi. Il venait nous réveiller, il déjeunait avec nous, gérait les chicanes de vêtements, et nous poussait un peu pour qu’on ne soit pas en retard.

 

Je me souviens aussi que c’était lui qui vérifiait si on avait de l’école les matins de tempête.

 

Ça, c’était son boulot de papa.

 

Dans chaque famille, il y a des tâches qui sont pour les mamans, et d’autres pour les papas. Chez nous, les boulots de papa, c’était les comptes, l’électronique, les voitures, la tondeuse, et les tempêtes de neige. Il était au courant du verglas à venir, de l’état des routes, de la température glaciale, mais surtout, il savait quand il y avait un risque que les écoles soient fermées.

Chaque matin de mon enfance, en se levant, mon père allait chercher son journal dehors, sur le perron.

Chaque matin.

C’était sa routine. Il était donc au courant de la quantité de neige tombée dans la nuit.

 

Ah, les matins de tempête!

 

C’était tellement excitant quand on était petites!

 

On savait qu’il y avait une possibilité de congé quand, le matin, on entendait mon père ouvrir la radio. Ce magique bruit de radio qui s’allume! Mon père, il n’écoutait pas la télé. Les informations de tempête, c’était à la radio. Ma soeur et moi, encore couchées, on essayait d’entendre les mots magiques. Quand la radio s’éteignait, on attendait le verdict, en silence.

 

Congé d’école les filles!

 

Quelle belle phrase à dire! On pouvait dormir longtemps, rester en pyjama toute la journée. Sauf qu’on était tellement énervées, qu’on ne pouvait plus fermer l’oeil! C’est vrai! Les idées de choses à faire défilaient dans notre tête, des activités généralement réservées au samedi et au dimanche.

Un samedi en plein milieu de la semaine!

 

On pouvait écouter des films au chocolat chaud, flâner, jouer avec les voisins, aller dehors et rentrer avec les joues rouges. Finalement, on dépensait plus d’énergie que si on avait eu de l’école. Mais c’était de l’énergie volontaire. De l’énergie qui vient naturellement, sans la forcer.

 

C’est bien beau tout ça, mais la majorité du temps, la radio, elle n’était pas de notre côté. Tellement plus pénible de se lever quand on a eu une petite lueur d’espoir.. La journée est plus longue, plus ennuyante.

 

Aujourd’hui, la radio nous fait une faveur. Ou la télé. Ou Facebook. Si, comme moi, vous êtes un jeune enseignant, vous avez surement une tonne de planification, de correction, de révision, de courriels et de téléphones à rattraper.

 

Cette journée de congé supplémentaire qui s’ajoute comme ça dans la semaine, ce n’est pas de refus!

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Mireille Boulet 24/01/2017 15:54

Je te suis toujours et mon plaisir à te lire demeure..