10 ans après

Publié le par Gabrielle Boivin

J’ai toujours su que j’aimais lire. Je recevais souvent des livres en cadeau, étant née dans une famille qui prône le français. Je les dévorais tous, et ensuite j’empruntais ceux de ma soeur. Elle ne les lisait pas et je trouvais ça triste.

À l’époque, je ne savais pas encore pourquoi j’aimais tant ça.

Aujourd’hui, je le sais.

Les mots me font du bien. J’aime les écrire, et lire ceux des autres.

Je me souviens avoir écrit, petite, sur différents sujets. Poèmes, histoires, lettres. Je ne savais pas alors que ça prendrait une place si importante dans ma vie. Que ça deviendrait essentiel pour moi d’écrire. J’ai compris tout cela le jour où mon poème d’amour a gagné un petit concours, en secondaire 3. J’avais passé des heures devant ma feuille blanche à composer sur un amour dont je ne connaissais rien. Les mots ne viennent pas facilement quand on parle de quelque chose d’inconnu. Parce que ce sont les sentiments qui guident l’écriture, du moins la mienne.

Ce jour-là, c’est ma peine qui a guidé mon crayon. C’était mon premier deuil. Je venais de perdre mon grand-papa. J’ai commencé à écrire. J’ai composé un court poème, rempli d’amour, dévoilant toutes mes émotions des derniers jours.

Ça fait 10 ans aujourd’hui. Et pourtant, chaque fois que je relis ce poème, je ressens la même chose. Je me revois assise sur la table de la cuisine, devant mes feuilles gribouillées. Je me revois essayant de décrire ma peine.

Je me souviens avoir compris que peu importe l’immensité de la peine, pouvoir mettre des mots sur une souffrance soulage un peu chaque fois. Depuis ce temps, je n’ai jamais cessé d’écrire. Et aujourd’hui, je pense à toi en relisant mon premier poème d’amour.

Plus rien n’est pareil

La routine du matin avait été brusquée.

C’était la panique,

Rien n’allait plus du tout.

La terreur se lisait dans tes yeux.

Les minutes passaient, puis les heures.

Puis, plus rien, le calme était revenu.

Le silence était lourd et douloureux.

Cet incident nous laissa dans un vide immense.

Jamais plus rien ne serait pareil.

D’où tu es, j’espère que l’air est pur,

Que l’eau est bonne,

Et que tu vas mieux.

Après avoir traversé une journée de cauchemar,

J’espère que tu te crois dans un rêve.

Quand tu as fermé les paupières sur tes yeux bleus,

C’est un coeur en or qui s’est éteint.

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Letizia C 22/01/2015 13:31

Très beau. Effectivement, il n'y a pas meilleure thérapie que l'écriture!