Barbe blanche

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C’est parti!

Le Père Noël a commencé sa tournée de centres commerciaux! Les enfants sont fous de joie, fous point. Je les comprends.

Dans le temps, quand on allait voir le Père Noël, c’était toute une sortie. On partait en voiture, les 4 ensemble, tout aussi énervés les uns que les autres. À nous voir sourire, j’suis certaine que mes parents appréciaient plus cette activité que nous.

Arrivés aux Promenades, on entassait nos manteaux dans un petit casier gris. On changeait nos bottes pour de beaux souliers.

On le savait, c’était une journée spéciale. Ça se sentait dans l’air.

Quand j’allais voir le Père Noël, ma soeur et moi on s’habillait chic. Il fallait qu’on soit belles. Après tout, il venait de loin juste pour nous, les enfants. Il avait volé longtemps dans son traîneau pour venir nous voir. Il avait probablement bravé des tempêtes de froid avec ses rennes juste pour venir entendre nos petits caprices. Il méritait bien une petite boucle dans les cheveux.

Dans la file, fébrile, je répétais mes phrases, ma liste de cadeaux. Je voulais lui dire ce que je voulais le plus, mais sans exagérer. Je choisissais donc 2 ou 3 jouets, au cas où mon préféré ne soit plus disponible. Au cas où toutes les autres petites filles aient demandé la même barbie.

Je me souviens que rendu à mon tour, j’étais stressée et plus tellement certaine que je voulais y aller. J’étais hyper gênée de nature, alors je perdais complètement mes moyens devant lui.

Je me sentais tellement importante qu’il m’accorde du temps, juste à moi. Si importante, si petite devant autant d’immensité. Avec sa grosse barbe, son rire grave, et son traîneau majestueux, stationné un peu plus loin.

Que j’étais impressionnée.

D’ailleurs, je devais demander chaque année par où il passait pour entrer avec son gros bolide.

Il doit y avoir un passage secret sur le toit, chuchotait mon père.

Mon imaginaire ne demandait que ça. Un mensonge qui me ferait encore plus rêver.

Il y a longtemps que je ne suis pas allée le voir. Mais ça ne veut pas dire que je ne suis pas contente quand il passe dans ma petite ville.

Et quand je le verrai, bientôt, je lui ferai un sourire au loin pour le remercier d’avoir apporté autant de magie dans mon coeur d’enfant. Et d’adulte.

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Mireille Boulet 06/12/2014 23:40

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