Gabrielle au secondaire

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Moi, quand j’étais au secondaire, j’aimais mon école. Mais ça n’a pas toujours été le cas.

Par exemple, quand mes parents ont dit à la petite Gabrielle rebelle de 6e année qu’elle irait 5 ans au CSB, ohlala.

La crise.

Aujourd’hui, je ne peux que les remercier.

Ces années ont été les plus belles de ma vie. J’y ai rencontré les meilleurs amis, les meilleurs enseignants, et j’y ai trouvé un milieu de travail rêvé.

Le problème, c’est que quand on est au secondaire, on ne le sait pas qu’on est si bien. On l’entend tellement, par tout le monde, profs, parents, grands-parents, qu’on ne l’entend plus. Et on finit par l’oublier. Peut-être.

C’est la même chose pour l’université. Comme si on avait pas encore compris. On a hâte de finir, d’enseigner. On est tannés des cours, des travaux à n’en plus finir. Vient un temps où on ne pense qu’au diplôme au bout.

Belle erreur.

C’est seulement une fois dans le monde adulte qu’on réalise la beauté du avant-diplôme.

Maintenant enseignante, je découvre l’école sous un tout autre aspect. Autrefois assise, mêlée aux adolescents tannants. Aujourd’hui à l’avant, m’efforçant de les faire taire, ces adolescents tannants. D’ailleurs, je me compare souvent à ces élèves. J’essaie de me souvenir le genre d'élève que j’étais à leur âge. C’est pas si facile, mais je me prête souvent au jeu.

Quand j’étais au secondaire, j’étais pas une mauvaise élève, mais j’étais pas la meilleure. Je dirais plus que j’étais du genre à me laisser emporter par le courant, par le tourbillon que sont ces 5 années.

Moi, au secondaire, j’aimais mes enseignants. Presque tous. J’aimais créer des liens avec eux pour sortir de la masse d’élèves qu’ils côtoient chaque année. J’aimais les matières dont les enseignants étaient passionnés. C’est d’ailleurs pourquoi j’aime autant le français aujourd’hui. Mes enseignants de français du secondaire ont changé ma vision de la grammaire, l’ont éclaircie. Cet amour de la langue devenait contagieux grâce à eux. Beaucoup s’entendraient pour dire que ces enseignants de français faisaient l’unanimité en rendant la matière accessible à tous.

Au secondaire, j’aimais aussi l’ambiance des classes, des diners, l’ambiance du gymnase durant les pauses. J’aimais être à l’école. Même si je disais toujours que j’avais hâte que ça finisse. J’aimais l’aspect relax du secondaire. Les amitiés qu’on crée au secondaire peuvent durer une vie, disent-ils. Et pour ça, j’en dois toute une à mes parents. Parce que c’est vrai. Des amis en or.

Étant enseignante aujourd’hui, je me questionne souvent sur l’attitude qu’avait cette Gabrielle, élève au secondaire. Je sais qu’au primaire, le seul commentaire négatif que mes parents recevaient était: trop de bavardage. Pas étonnant. Une vraie pie. Ma mère m’a toujours dit qu’à partir du moment où j’ai su parler, je n’ai plus jamais arrêté. J’imagine que c’était pareil au secondaire.

Je devais être une élève mi-organisée, mi-dans-la-lune. Je me laissais aller dans le courant, carrément. Je n’étais pas la leader, je ne l’ai jamais été. Je suivais mes amis pour aller en classe, j’étudiais quand ils étudiaient, je niaisais et je stressais en même temps qu’eux. Je me souviens avoir fait plusieurs devoirs le matin même, sur les tables rondes de la salle Triest, au milieu d’une pile de sac. Je me souviens avoir placoté, évidemment. Écrit des messages sur des bouts de papiers discrets. Les messages textes de notre époque.

Je sais que la Gabrielle du secondaire aimait jouer les rebelles, sans l’être vraiment. J’aimais les coups qu’on faisait aux profs. J’aimais voir les autres élèves faire des niaiseries, se faire sortir.

Je le regrette aujourd’hui, évidemment.

Je ne répondais pas souvent aux questions, trop gênée. Je n’aimais pas quand les profs choisissaient aléatoirement des élèves pour parler.

Je me souviens aussi avoir aimé la proximité que j’avais avec mes amis. Tous. J’aimais être dans la même classe, j’aimais être assise proche d’eux, faire mes travaux d’équipe avec eux. Toujours avec eux. C’est d’ailleurs ce qui qualifie le mieux l’élève que j’étais. Je pense que c’est ce qui me manque le plus du secondaire. Et de l’université. Ne plus avoir mes amis pour moi au quotidien. On s’habitue rapidement à être bien entourée.

C’est difficile finalement comme exercice. Difficile de se souvenir.

En plus que la vision que j’avais de moi en tant qu'élève n’était probablement pas la même que celle que les profs avaient.

Une chose est certaine: j'aimais l'école. Et je l'aime encore.

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Monique 20/06/2014 21:55

Bonnes vacances ma belle! Je suis persuadée que les élèves seront heureux de te revoir en septembre prochain.