La relâche imaginaire

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La semaine de relâche, cette fameuse semaine.

Ça doit être la semaine la plus attendue de tous à l’école. Les élèves l’attendent depuis janvier, les enseignants aussi.

La relâche, c’est une semaine de congé où il est permis de ne rien faire. Au secondaire, on n’a pas beaucoup de devoirs à faire durant cette semaine-là, contrairement au cégep et à l’université. On peut relaxer.

Les profs, eux, non. Ça ne serait pas raisonnable.

La relâche pour les profs, c’est souffler, enfin, mais ce n’est pas synonyme de repos. Les élèves relâchent, pas les profs. C’est plus une semaine de je-dois-faire-ça-parce-que-je-n’ai-pas-eu-le-temps-avant-et-ça-presse. C’est la course à la planification, aux corrections.

Si la relâche fait ressortir le mot lâche chez les élèves, elle ne le fait certainement pas pour les enseignants. La pile de travaux non corrigés, elle ne prend pas de pause, elle. En plus, si tu fais autre chose, elle te culpabilise chaque fois que tu passes devant. Elle te nargue, sachant très bien que tu devras t’occuper d’elle tôt ou tard.

Bref, pour nous, ça ne change pas beaucoup du quotidien de l’école. Sauf pour le pyjama. C’est tu moi ou c’est bien plus le fun corriger en pyj dans ta cuisine, café inclus? C’est moins pire on dirait. Les tâches à accomplir se font drôlement mieux en mou.

Mais le pire, c’est le retour après la relâche. On a beau s’arracher les cheveux pour tout finir avant ce fameux lundi, c’est certain qu’on n’a pas le temps de tout faire.

Avez-vous passé une belle semaine de relâche madame? Avez-vous fêté un peu? Vous me semblez fatiguée.

Non, non. J’ai été très sage, trop sage.

Oui, oui! Toi as-tu passé une belle relâche? Qu’as-tu fait?

Ah rien. J’ai chillé toute la semaine.

Et vlan! Tous les élèves ont chillé durant une semaine. Pas de pitié pour l’enseignante épuisée de s’être démenée pour eux.

Au moins, ils ont dépensé de l’énergie.

J’espère.

Ils semblent reposés, plus calmes, pour ne pas dire moins turbulents. Le changement entre ne rien faire et faire quelque chose est fatal. Le retour s’avère brutal pour eux. Beaucoup plus que pour ces enseignants qui n’ont pas arrêté, eux. Ils ne parlent pas, ou presque pas. Ils reviennent à la réalité, ils se réveillent tranquillement.

Finalement, c’est peut-être le retour de la relâche qui donne un petit congé aux enseignants!

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Monique 11/03/2014 16:17

Ne lâche pas ma belle car j'aime te lire! A la prochaine lecture!