Mission impossible

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Diplôme en poche, la tête bouillonnante d’idées et une vision idéale du métier.

C’est ainsi que j’ai descendu les marches de Roger-Gaudry, accompagnée de mes collègues, en juin dernier. J’étais prête à tout. Rien ne pouvait m’arrêter, nous arrêter. Je pensais savoir ce qui m’attendait, mais mon petit nuage rose embrouillait ma vue. Ma naïveté et ma ridicule impression de tout connaitre se sont vite envolées. Les stages, les travaux d’équipe et les mises en situation nous apprennent comment enseigner sur papier.

Dans une classe, c’est autre chose.

La vraie vie, c’est autre chose.

Pourquoi ne nous dit-on pas les vraies choses à l’école? Pourquoi ne nous explique-t-on pas le concept et le fonctionnement du après BAC?

Ce après BAC, j’ai du l’apprendre seule. Je l’apprends encore d’ailleurs, certaine que la bureaucratie du système me cache encore des clauses.

La recherche d’emploi en soi est très formatrice. Elle nous apprend ce qu’on veut, ce qu’on cherche, mais surtout, elle nous apprend à nous vendre. Il ne s’agit pas seulement d’envoyer des C.V. et d’attendre un appel. Le harcèlement est de mise. Les écoles me connaissent presque toutes. Et ce n’est pas parce que j’y travaille souvent. Elles me connaissent comme étant la fille qui est venue porter son C.V. trois fois depuis le début de l’année, plusieurs lettres de présentation/recommandation, et qui à chaque suppléance rappelle ses très grandes disponibilités pour des contrats.

La recherche d’emploi se transforme alors en quête du meilleur argument pour me vendre, puisque j’ai mon brevet ne semble pas suffire.

Je n’ai pas confiance en moi, je suis nouvelle dans le milieu, MAIS je veux beaucoup beaucoup travailler!

Ça, c’est moi!

Que devrais-je dire pour convaincre les gens de mes compétences?

Rien. Il n’y a rien à dire, et c’est ce qui est le plus décevant. Il faut se vendre et se faire insistant.

Et il faut attendre.

À moins d’un miracle, les idées de cours et la volonté de faire une différence ont le temps de s'évaporer.

Attention! Il ne s’agit pas ici d’être cynique ou pire, de critiquer le système d’éducation au grand complet.

Seulement, il faudrait revoir certaines choses pour éviter que les enseignants se tannent, ou pire encore, qu’ils abandonnent.

Et peut-être aussi que ça fait du bien aux enseignants de dire ça, de le lire, ou de l’écrire.

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Monique 05/03/2014 21:11

Très bien ma belle! Ne lâche pas.